C'est fête aujourd'hui pour nous, et la solennité de ce jour compte parmi les plus grandes solennités. Que dis-je ? de quel apôtre, de quel martyr, de quel saint est-ce la fête? Ce n'est
pas la fête d'un saint en particulier, mais la fête de tous les saints, car personne de nous n'ignore que cette fête est appelée, et est, en effet, la fête de tous les saints, oui, de tous,
non-seulement des saints du ciel, mais encore de ceux de la terre; car il y a plus saints du ciel et les saints du la terre, et même parmi ces derniers, lus uns sont
encore sur la terre, tandis que les autres se trouvent déjà dans le ciel. On fait donc en commun la fête de loris ces saints-là , mais ne la fait-on pas tout à fait de la même manière. Après tout,
il ne faut pas s'en étonner, puisque la sainteté des uns n'est pas celle des autres, et qu'il y a une différence quelque fois même très grande entre un saint et un saint. Non-seulement, parce qua l'un est plus saint que l'autre, cette différence se rapporte plutôt à la quantité qu'à la qualité, mais sans nous arrêter au plus et au moins, il est
certain que les saints sont appelés saints et cela avec vérité, les uns dans un. sens et les autres dans un autre. Ainsi, on pourrait peut-être assigner entre les anges et les hommes une différence
de sainteté, à laquelle correspondrait une pareille différence de solennité dans la fête. En effet, il ne semble pas qu'on puisse honorer comme des athlètes triomphants ceux qui n'ont jamais
combattu, et pourtant, pour mériter un culte différent, ils n'en sont pas moins dignes des plus grands hommages, puisqu'ils sont vos amis, ô mon Dieu, et qu'ils ont toujours été attachés à votre
volonté avec autant de félicité que de facilité. Après tout, peut-être pourrait-on croire qu'ils ne sont point sans avoir soutenu des combats. aussi, quand ils ont résisté à ceux d'entre eux qui
ont péché, et que, au lieu de se ranger du parti des impies, chacun d'eux s'est écrié : Pour moi, il m'est bon de rester attaché à Dieu. Ce qu'il faut célébrer en eux, c'est donc la grâce qui les a
prévenus des douceurs de la bénédiction ; ce qu'il faut honorer, c'est la bonté de Dieu qui les a , je ne dis point, amenés à la pénitence, mais détournés de tout ce qui doit amener la pénitence,
qui les a, non point arrachés à la tentation, mais préservés de la tentation.
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