bt_s_Q5A018.3663.jpg Actuellement l’opinion dominante, doctrine officielle de l’ONU, l’OMS, l’UNESCO est : l’être humain construit sa propre sexualité.
Et alors que les différences  entre hommes et femmes semblaient évidentes, Michel Boyancé constate qu’il n’en n’est plus rien aujourd’hui (comme veut le démontrer la théorie du genre).
La société construit la relation sexuelle (dans le sens de relation homme/femme). Le masculin/féminin est une distinction culturelle. « On ne naît pas femme, on le devient. » Simone de Beauvoir .  C’est  la théorie du genre ou gender studies.
Ce qui signifie qu’il n’y a pas de différenciation sexuelle naturelle, elles sont construites par l‘homme. La différence entre l’homme et la femme n’existe pas réellement.

Jeudi dernier, nous avons  ainsi écouté avec beaucoup d’attention la conférence très abordable et intéressante de  Michel Boyancé, philosophe qui dirige la nouvelle collection de livres Matières à penser , organisée conjointement par l'aumônerie , es AFC et la librairie Siloë.
 Il nous a ainsi expliqué très clairement les raisons et paradoxes de cette théorie :

I.Raisons de la théorie du genre
1.La sexualité est polymorphe (peut prendre différentes formes) : hétérosexualité, homosexualité,…
2.Il existe une quasi-infinité de modèles familiaux, de relations homme-femme-enfant Par exemple, en Chine, dans la tribu Na, les femmes n’ont pas de maris mais reçoivent le soir qui elles veulent et les enfants sont élevés par les oncles.
La culture dissout ainsi la nature.
3.Du fait du désir de l’homme d’être autre que l’on est, c’est l’exemple des transsexuels.
4.Le droit transforme et améliore la société : ainsi les conséquences du handicap sont atténuées par le droit. Le droit peut aussi nous libérer, de la même façon, des contraintes de la sexualité. Pour l’utérus artificiel, derrière son utilisation pour les grands prématurés, se cache un moyen pour lever la dernière contrainte qui pèse sur la femme : la maternité.
Dans le cas de l’adoption, qui est un lien juridique et non biologique, pourquoi certains ne pourraient pas adopter de ce fait.
Ainsi le droit libère l’homme des contraintes de la nature.
5.Les biotechnologies rendent possibles ce qui était impossible, comme le montre l’exemple de l’utérus artificiel. Pourquoi ne pas rendre aussi ces choses socialement possibles.
Se pose ainsi la question du seuil : A quel moment faut-il s’arrêter ?
Ces raisons ont du vrai et des paradoxes importants à souligner en s’appuyant sur la réalité, ce que nous vivons autour de nous, pur ne pas dissocier, comme cela peut-être très tentant en philosophie, les idées séduisantes de la réalité.

II.Paradoxes de ces raisons

1.La sexualité qu’on a voulu libérer en 1968 peut-être meurtrière. La moitié des délinquants en prison sont des délinquants sexuels. La consommation de pornographie s’accompagne de conduites addictives. Les jeux sexuels exacerbent les relations humaines (jalousies,…). Ainsi nos désirs ont besoin d’être régulés.
2.Si on considère que tout est construit, chacun construit son droit. On ne peut donc plus rien dire, plus rien imposer.
3.Je peux devenir ce que je ne suis pas, c’est la contradiction de la non-acceptation de soi.
4.Le droit libère l’homme jusqu’où ? Comment articuler un droit indifférencié avec des personnes différentes. Car attention, maintenant, de cette façon, mesdemoiselles, mesdames, la galanterie, c’est une discrimination !, est finie.

III.Identité sexuelle

Notion de personne :
Si l’être humain se construit, il n’a plus à se connaître, à connaître sa nature : ce qui lui est  donné, je sais ce que je suis, je ne me suis pas fait. L’Homme a la vocation naturelle de comprendre ce qu’il est pour bien agir.
Le risque est ainsi, en particulier dans l’éducation, est la culture de la non-connaissance de soi.
La personne se structure comme un être de relations et de relations sexuées.
Nous naissons homme et femme est un argument majeur qui met à défaut la théorie du genre mais on ne peut pas définir l’homme et la femme, on ne peut que les décrire.
Les hommes ou les femmes seuls sont incomplètement humains. L’humanité est formée de l’ensemble des deux.
La femme pendant longtemps a subi une infériorité non pas de nature mais de gouvernement. Une des raisons est que l’on pensait que la femme n’était que le réceptacle de la graine de l’homme, qu’une mère nourricière. Cela ne fait que quelques générations que nous savons que c’est faux.
Une personne humaine ne peut grandir que si elle se connaît en tant qu’homme ou femme.
Le risque du gender est que chacun produise son projet sans tenir compte de sa nature.
On ne parle pas dans les livres sur le gender de l’enfant. Or les enfants sont un exemple fort qui montre qu’une personne est structurée dans le don. Les enfants ne sont pas construits par les parents mais reçus, leurs parents les aiment pour ce qu’ils sont, pas parce qu’ils sont génétiquement bien construits.
Dans l’éducation, les garçons doivent être amenés à s’engager car un homme masculin, contrairement à la femme naturellement responsable avec le bébé qu’elle sent en elle doit apprendre la responsabilité qui n’est pas innée.
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