allez voir ce film qui passe aux  Cinéastes!!!!
les séances sont vendredi  1er février à 20 h et 22h, samedi  2 à 17h, dimanche 3 à 20h, lundi 4  à 14h et mardi 5 à 17h.




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ENTRETIEN AVEC PAVEL LOUNGUINE : Propos recueillis par Andreï Plakhov pour Kommersant

Comment expliquez-vous le tournant “religieux” qu’a pris votre carrière ?
Je ne sais vraiment pas. Le film parle de l’existence de Dieu. Il arrive un moment dans la vie où cela devient une question primordiale. Par ailleurs, j’essaie de varier les genres dans ma filmographie et, avec L’île, j’ai voulu évoquer la vie des saints. Andreï Jegalov, chef-opérateur de The Coucou d’Alexandre Rogojkine, a signé une photo qui tranche avec mes autres films.

Du coup, peut-on dire que ce film est atypique dans votre parcours ?
Absolument. Avec Taxi Blues, j’avais tenté d’apporter un témoignage sur une époque de grands chamboulements. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que cette période de bouleversement est révolue et que notre société ressent le besoin de méditer sur des problématiques telles que l’éternité, le péché et la conscience. Dans la course effrénée pour l’argent et le succès, nous avons oublié ces valeurs. Mais l’être humain ne peut pas se contenter de vivre pour des valeurs matérialistes. J’ai essayé de trouver un juste équilibre entre nos valeurs et nos désirs.

Ceux qui ont collaboré avec vous sur le film partageaient-ils le même sentiment ?

Le tournage s’est révélé être une expérience fantastique pour les comédiens également. On a eu le sentiment de vivre un moment hors du commun tous ensemble sur cette île de la Mer Blanche. Piotr Mamonov m’a confié après coup qu’il avait changé en jouant ce rôle et qu’il éprouvait une sorte de sérénité rayonnante. Ses spectacles sont parfois d’une grande radicalité, mais il est lui-même très croyant et consacre beaucoup de temps à l’église.

Aviez-vous revu Piotr Mamonov depuis Taxi Blues ?
Non. Mais son visage est tellement extraordinaire que je n’aurais pas pu imaginer un autre acteur à sa place.

Il s’agit d’un film à part dans votre filmographie.
Quelle place a-t-il dans le cinéma russe ? Plusieurs films récents ont mis en scène des prêtres interprétés par Dioujev, Soukhoroukov et Tchadov dans L’Errant, Vivant ! et L’île. Le jeune public apprécie beaucoup ces comédiens. Faut-il y voir une tendance ?
N’oubliez pas non plus Le Retour. Ces films ne parlent pas tant de la religion que de la place de l’homme dans le monde. Ils ne s’intéressent pas aux dogmes de l’Église.

Comment situez-vous votre film dans le contexte mondial actuel ?

Comme toujours, la dynamique du cinéma russe est à part et est en décalage par rapport au cinéma mondial. Si on s’en tient au festival de Cannes 2006, on peut penser qu’on assiste à un retour du réalisme social. Les films soviétiques des années 1960 auraient reçu un accueil favorable en Occident s’ils étaient tournés aujourd’hui. Tout le monde s’intéresse aux problèmes d’injustice sociale et à la volonté de s’en sortir des gens les plus modestes. On ne voit pas d’idées nouvelles apparaître en Occident et personne ne sait où va la société. La question de l’existence de l’âme se pose inéluctablement du point de vue spirituel et du point de vue mystique.

Cela signifie-t-il que votre film s’inscrit dans une “nouvelle vague” ?
Je ne sais pas. Aujourd’hui, ce film semble sans doute trop radical. Mais en prenant un peu de recul, on constate que le règne de l’individualisme et l’exaltation des libertés individuelles ont fait triompher l’égoïsme. Du coup, nous nous retrouvons contraints de faire face à des dilemmes que l’on croyait réglés depuis longtemps. La question fondamentale qui se pose est celle de savoir quand, pourquoi et comment nous faisons des choix qui ne nous rapportent rien - mais qui viennent d’une initiative qui nous est propre - et qui ne vont donc pas dans le sens de notre intérêt personnel.
 
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