Partager l'article ! qu'est ce que Dreams: Avant tout, DREAM est la volonté d’adopter une attitude différente à l’égard de l’Afrique. C’est une injection de co ...
Confiance et espoir dans le fait que l’on peut lutter contre le SIDA, et cela peut être fait justement en Afrique. Confiance et espoir dans le fait que la condition
de tant de personnes séropositives frappées par la stigmatisation, par la crainte de parler, par le sentiment de condamnation, peut être modifiée. Confiance et espoir pour que les hommes et les
femmes souffrants et affaiblis par la maladie puissent, en quelque sorte « ressusciter », en récupérant les énergies qui seront utiles pour eux-mêmes et pour les autres. Confiance et espoir pour
que des millions d’enfants, garçons et filles, - l’avenir de l’Afrique, mais également l’avenir de notre planète- puissent avoir devant eux la longue vie que nous voudrions que chacun de nos
enfants ait le droit de vivre.
DREAM reflète la manière de sentir de Sant’Egidio.

C’est pour toutes ces raisons que le programme a été conçu dans le but de réunir à nouveau la prévention et la thérapie, car nous sommes convaincus qu’il est nécessaire de sauver, et non
seulement de préserver, afin que le plus grand nombre de personnes possible gagne du temps à la vie. Ainsi, DREAM est conçu pour atteindre l’excellence. Excellence du diagnostic et des soins, de
l’organisation et de l’informatisation. DREAM propose d’adopter les standards occidentaux en Afrique, en utilisant de routine la détermination de la charge virale, et en introduisant la Highly
Active Anti-Retroviral Therapy (HAART), c'est-à-dire le standard maximum actuellement disponible pour soigner l’infection par VIH, pour tous les patients qui en ont besoin. Pour la Communauté de
Sant’Egidio les personnes ne sont jamais de simples « urgences », ce sont toujours des personnes. Voilà pourquoi nous agissons inlassablement en respectant l’ancien adage qui recommande de faire
aux autres ce que l’on aimerait que les autres fassent pour soi. Et qui est-ce qui ne voudrait pas, pour soi-même, l’excellence ? Cette approche a une profonde validité et motive énormément le
personnel concerné ; elle permet d’atteindre un très haut niveau de collaboration de la part des patients, diminue sensiblement la dispersion et l’interruption de la thérapie en cours. Le
minimalisme souvent proposé en matière d’aide internationale et de coopération risque, en ce qui concerne la lutte contre le SIDA, d’entraîner des conséquences dangereuses, ou même fatales, dans
un milieu déjà soumis à beaucoup trop de carences. Le problème des ressources existe, mais la priorité est de bâtir un modèle d’assistance qui fonctionne.
Dans tous les cas, l’important est que toutes les prestations sanitaires, du diagnostic jusqu’au soutien nutritionnel, de l’éducation sanitaire à la thérapie
conventionnelle des infections opportunistes et des infections sexuellement transmissibles, soient offertes de façon complètement gratuite. En effet, il est impensable de faire payer des
médicaments à des personnes qui souvent n’ont même pas de quoi acheter à manger pour eux-mêmes et pour leurs familles. Il est impossible de demander de payer aux nombreux enfants malades, dont la
plupart sont déjà orphelins. La gratuité des soins s’impose donc, et non seulement pour des raisons d’équité. La gratuité des soins permet également d’expliquer le très haut niveau d’adhérence à
la thérapie des patients de DREAM (auxquels l’on offre également un second soutien très important : l’apport nutritionnel systématique). Le but n’est pas celui d’éloigner les enfants malades, au
contraire, il faut les attirer. En Afrique, le problème à résoudre est justement lié au fait qu’il est souvent extrêmement difficile pour la population d’accéder aux centres de santé. Le modèle
de DREAM implique un vaste recours au personnel, afin de résoudre le problème chronique et endémique de la difficulté d’accès au service sanitaire national.
En effet, DREAM travaille pour améliorer l’accessibilité aux soins. L’on ne veut pas se limiter à accueillir ceux qui viennent demander d’être soignés, mais l’on veut également aller chercher les
patients qui courent le risque de s’égarer. C’est pour cette raison que l’on a choisi de former de façon sérieuse et professionnelle, non seulement le véritable personnel sanitaire, mais
également de nombreux opérateurs socio-sanitaires. Ce derniers, après avoir été régulièrement embauchés, sont chargés d’assurer plusieurs fonctions « mobiles », non seulement auprès du centre qui
est le siège du programme, mais également dans les alentours : l’assistance à domicile, le contrôle de l’administration de la thérapie quotidienne, le counseling nutritionnel des mères.
Accessibilité des soins pour tous. Le programme DREAM est conçu de sorte à permettre un scaling-up rapide. L’excellence des prestations et les ressources financières limitées n’on jamais entravé
le rêve d’étendre les soins à un plus grand nombre de personnes et, à l’avenir, à tout le monde. L’ambition de DREAM est d’élargir son champ d’application à l’échelle d’un pays tout entier ou,
mieux encore, de devenir un modèle pour les pays où les ressources sont limitées.
Le problème principal reste certainement la difficulté de réaliser, dans des systèmes sanitaires à ressources limitées comme le sont les systèmes africains, l’assistance complexe requise par
l’infection par VIH/SIDA. Il faut donc emprunter un chemin nouveau en ce sens, en gardant à l’esprit les caractéristiques particulières du système africain et la nécessité de disposer de
structures flexibles et légères. Le SIDA est sans doute un problème, une crise ; mais, comme toutes les crises, il entraîne une opportunité : celle de renouveler profondément et radicalement les
systèmes sanitaires africains. En effet, le SIDA nous oblige à considérer ce que peut, et doit, être l’assistance en Afrique. Ce continent a souvent dû subir l’application de copies de schémas
occidentaux mal réussies, tout en n’ayant pas les mêmes niveaux de ressources, de financements, de personnel, d’expérience. DREAM songe à établir un modèle de système sanitaire léger, qui
privilégie la médecine du territoire plutôt que la médecine résidentielle, les petits centres, la diffusion de services à micro-échelle.